Deux trousseaux de clés posés côte à côte sur un comptoir en bois près d'une plante verte, dans la lumière du matin

10 septembre 2026 · 5 min de lecture

Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro

Bubble ou Lovable : deux façons de vous enfermer, et la question à poser

L'un interprète votre application dans un moteur qui n'existe que chez lui. L'autre vous laisse partir avec le code, mais refuse de reprendre le vôtre. Les deux verrous n'ont pas la même serrure, et la question qui les départage tient en une phrase.

Bubble ou Lovable : le choix se joue sur ce qui vous reste le jour où vous partez. La documentation de Bubble l'écrit sans détour, « migration of your app away from Bubble's hosting is not possible ». Lovable laisse sortir le code, un projet Vite et React, et refuse en revanche d'importer le vôtre.

59 $ par moisBubble Starter en paiement annuel, piste web et mobile (bubble.io/pricing, 2 septembre 2026)
25 $ par moisLovable Pro (documentation de l'éditeur, même date)
0,30 $le crédit Lovable en recharge

Ce que Bubble fait mieux

Bubble reste la plateforme visuelle la plus capable du marché pour un produit destiné à des clients : logique métier complexe, base relationnelle, rôles, paiements, et désormais des applications mobiles natives soumises aux boutiques, son agent ayant reçu ces capacités le 4 août 2026. Une personne seule y tient une application en ligne, multi-utilisateurs, avec des comptes et un domaine, sans serveur à administrer. Le tarif d'entrée payant est de 59 $ par mois en paiement annuel sur la piste web et mobile, relevé sur la page tarifs le 2 septembre 2026. Maestro ne fournit rien de cet ordre : il produit du code que quelqu'un doit ensuite mettre en ligne.

Ce que Lovable fait mieux

Lovable va du texte à l'écran plus vite que tout le reste, et publie l'application à une adresse HTTPS avec sa base de données en état de marche. L'éditeur a levé 400 millions de dollars le 12 août 2026 sur une valorisation de 13,3 milliards, et revendique 60 millions de projets créés depuis novembre 2024. Sur la propriété, son discours est le plus généreux du secteur : « you are never locked in », synchronisation dans les deux sens vers un dépôt, hébergement où vous voulez.

Le verrou de Bubble : le moteur

Une application Bubble est une configuration interprétée par un moteur qui n'existe que chez Bubble : il n'y a donc rien à exporter, et l'offre Enterprise déplace au mieux l'application sur une instance isolée, toujours opérée par Bubble. Le jour où vous arrêtez de payer, l'application s'arrête. La facturation suit la même logique : l'unité est le workload unit, consommée par chaque requête, chaque exécution de règle et chaque chargement de page, avec une alerte à 75 % puis à 100 % du forfait et la possibilité de bloquer les dépassements. Votre facture monte quand votre produit marche, et le tarif du dépassement au millier d'unités ne figure pas sur la page tarifs que nous avons lue.

Le verrou de Lovable : la porte d'entrée

Chez Lovable, la sortie est ouverte et l'entrée est murée. La FAQ officielle répond, au sujet d'un projet existant : « No, currently there is no way to start a Lovable project from already existing code ». Vous pouvez donc partir avec votre application, sans pouvoir lui confier celle que vous avez déjà, ni installer la plateforme d'édition ailleurs. Et la facture se compte en crédits dont le rendement varie selon la tâche : ce que 25 $ achètent, au crédit près demande un calcul que l'éditeur ne fait pas à votre place. Un utilisateur raconte sur Reddit (r/lovable, juin 2026) que ses projets non publiés consomment 2,67 crédits par jour sans qu'il les ouvre, et que le support lui a proposé d'accepter cette dépense ou de supprimer les projets.

La question à poser avant de choisir

Elle ne porte ni sur le prix ni sur la vitesse. Projetez-vous dans trois ans, l'outil qui a fabriqué votre produit ayant triplé ses tarifs ou fermé, et regardez ce qui reste. Chez Bubble, la réponse est un abonnement perpétuel. Chez Lovable, un dossier de code que quelqu'un devra reprendre et héberger. Les deux réponses se défendent, à condition de les avoir choisies. Ce qui décide de la suite tient à deux actifs : le code, et le document qui explique ce que le logiciel devait faire.

Trancher en une heure

Ouvrez un tableur à deux colonnes. Dans la première, écrivez ce que vous perdez si la plateforme ferme demain : les écrans, les données, les règles métier, le temps passé. Dans la seconde, écrivez qui, chez vous ou autour de vous, saurait reprendre le code exporté et le remettre en ligne. Si la seconde colonne reste vide, l'export de Lovable est un confort théorique et Bubble vous coûtera moins de nerfs. Si quelqu'un peut la remplir, prenez le chemin qui laisse du code, et écrivez le document qui va avec pendant que vous vous souvenez encore de vos règles.

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