
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Firebase Studio ferme : par quoi le remplacer, et ce qu'un outil qui s'arrête vous doit
Google a fermé les inscriptions à Firebase Studio en juin et supprimera les espaces de travail en mars 2027. GitHub a déprécié Spark en août. Deux ateliers de création d'applications arrêtés en un été, et la même leçon pour qui construit ailleurs.
Firebase Studio ferme : Google a coupé les inscriptions et la création d'espaces de travail le 22 juin 2026, et supprimera les données restantes le 22 mars 2027, sans récupération possible (documentation de migration Firebase). Pour le remplacer, Google renvoie vers AI Studio ou Antigravity. GitHub a annoncé la dépréciation de Spark le 4 août 2026 (changelog GitHub).
Vingt-trois mois
Firebase Studio avait été lancé en avril 2025 comme atelier de développement dans le navigateur. Entre l'ouverture et la fermeture des inscriptions, il aura vécu vingt-trois mois. Les services Firebase de fond continuent, base de données, authentification et hébergement compris : la fermeture porte sur l'atelier de création. Ceux qui ont encore un espace de travail peuvent exporter leur code vers un hébergeur externe, ou passer par l'outil en ligne de commande de Firebase pour garder leurs adresses d'hébergement. La porte de sortie existe, avec une date limite, et cette date tombe dans six mois.
Spark visait votre place à vous
GitHub Spark promettait de décrire une application en clair et de la voir apparaître, sans écrire de code ni manier le vocabulaire technique. De tous les outils que nous suivons, c'est celui qui visait le plus près du public de ce journal : des gens qui ont un besoin métier et pas d'équipe technique. Le changelog du 4 août annonce sa dépréciation ; d'après des relevés secondaires, la création de nouvelles applications s'est arrêtée à cette date et une fenêtre de récupération du code a été maintenue jusqu'à la fin août. Cette fenêtre est refermée. Ce qui reste chez GitHub suppose de savoir manier un dépôt, une branche, une fiche de tâche et une demande de fusion, quatre mots qui décident à eux seuls si un outil est fait pour vous.
Ce qu'un outil qui ferme vous doit
Trois choses, et elles se vérifient avant de commencer, pas le jour de l'annonce. Un préavis assez long pour reconstruire ailleurs : Google donne neuf mois entre la coupure des inscriptions et la suppression des données, GitHub a laissé quelques semaines. Une sortie qui rend le produit et pas une capture d'écran : le code source complet, dans un format ouvert, sans passer par un support commercial ni par une offre supérieure. Un endroit où votre projet vit déjà en dehors de la plateforme, pour que la fermeture devienne un déménagement. Nous avions posé la question à l'envers en août : que devient votre application si l'outil qui l'a créée disparaît.
Quand c'est la personne, et non la plateforme
La même préparation sert le jour où celui qui tenait les clés cesse de répondre, sujet que nous avons traité quand le prestataire disparaît. Dans les deux cas, la question porte sur ce qui est à votre nom : le code, les données, le nom de domaine, les accès d'hébergement. Un outil ou un prestataire qui garde une seule de ces quatre pièces vous rend dépendant de sa bonne santé, commerciale dans un cas, personnelle dans l'autre. Les quatre se transfèrent en une journée quand c'est prévu, et se perdent en entier quand ça ne l'est pas.
Les alternatives, sans complaisance
Google AI Studio et Antigravity reprennent la promesse chez le même éditeur, avec le même modèle : votre travail vit dans un espace hébergé dont vous ne fixez pas la durée de vie. Lovable, Bolt ou Replit construisent vite, hébergent chez eux et proposent une sortie par export de code selon les offres ; pour un prototype à montrer la semaine prochaine, ils restent le chemin le plus court. Une équipe d'agents pilotée depuis votre machine, comme le fait Maestro, place le curseur ailleurs : le code, le cahier des charges validé et les versions de votre produit restent sur votre disque, la sauvegarde en ligne est optionnelle et va vers votre propre compte. En échange, il faut installer une application de bureau, disposer d'un abonnement chez un assistant et diriger le travail, ce qu'un atelier dans le navigateur évitait.
Le test à faire cette semaine
Ouvrez l'outil où vit votre application et cherchez comment en sortir sans demander la permission à personne : téléchargez le code complet, exportez les données, notez chez qui est déposé le nom de domaine. Si l'une de ces trois opérations passe par un ticket au support ou par un changement d'offre, vous connaissez déjà votre exposition le jour d'une annonce. Refaites ce test une fois par trimestre et rangez le code téléchargé au même endroit que vos autres sauvegardes, avec la date du jour.