
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Logiciel wedding planner français : le rétroplanning, les prestataires, les arrhes
Les outils du métier sont américains, facturés au dossier ou au mois, et aucun ne sait ce qu'est un arrhes. Le pilotage d'un mariage, lui, tient dans un outil qui reste chez vous. Ce qui se remplace, ce qui ne se remplacera jamais, et à quel prix.
Un logiciel wedding planner français n'apparaît dans aucune grille publique : les outils du métier sont américains, de 49,99 à 229,99 $ par mois chez Aisle Planner selon le nombre de dossiers ouverts en même temps, de 29 à 109 $ par mois chez HoneyBook, qui prélève en plus, à partir de 2,7 % et 10 cents par paiement carte (tarifs consultés le 2 septembre 2026).
Combien vous êtes, et pourquoi personne ne le sait
Le wedding planning n'a pas de code d'activité à lui. Les organisateurs se rangent sous le 82.30Z, qui héberge aussi les organisateurs de salons et de congrès. En additionnant vingt-cinq requêtes région par région, puis département par département pour l'Île-de-France dont le compteur bute sur le plafond de l'outil, l'annuaire des entreprises de l'État donne 29 125 entreprises actives sous ce code au 2 septembre 2026, dont 5 708 à Paris. C'est un plancher, et il compte des voisins qui ne font pas de mariage. Le nombre de wedding planners au sens strict n'existe nulle part.
Ce que les plateformes américaines tiennent, et ce que leurs clients leur reprochent
Aisle Planner facture au nombre de dossiers simultanés et laisse les utilisateurs illimités : pour un cabinet de trois personnes qui suit dix mariages, la logique est plus douce qu'un prix par tête. HoneyBook tient le devis, le contrat et l'encaissement dans le même fil. Les reproches publics visent le prix et la fiabilité. Sur Trustpilot, où HoneyBook affiche 4,0 pour 706 avis, un utilisateur écrit le 19 août 2026 « used to pay $35 month now it's $129 » (je payais 35 $ par mois, c'est maintenant 129 $), un autre le même jour qu'il paie un grand nombre de fonctions dont il ne se sert pas. Chez Planning Pod, noté 3,2, un avis du 11 mars 2026 décrit des messages d'un client versés dans l'espace d'un autre client, des déconnexions au hasard, et un support résumé en deux mots : « Radio silence. »
Les cinq choses qu'un outil à vous doit tenir
Suivez un dossier de mariage du premier rendez-vous au lendemain de la fête, et vous avez le cahier des charges. Au début, une fiche unique par événement : le couple, le lieu, la date, le budget cible, les prestataires retenus, les documents signés et le fil des échanges au même endroit. Ensuite, prestataire par prestataire, le devis, le contrat, l'échéancier, et la qualification écrite de chaque somme versée, arrhes ou acompte, avec une alerte avant chaque échéance. Puis la liste d'invités avec les réponses, les allergies et les régimes, qui décide du plan de table et qui reste sur votre machine. Puis le rétroplanning du jour J, minuté, exporté en feuille de route par prestataire et consultable hors ligne quand le domaine n'a pas de réseau. Enfin le générateur de devis, de contrat et de facture au format français, qui prépare le dossier de déclaration à la SACEM.
Ce qu'un outil maison ne remplacera pas
Quatre briques restent dehors. Les places de marché où vos demandes entrantes arrivent, Mariages.net et les autres : elles vendent de l'audience, un outil maison n'en fabrique pas. L'encaissement et la billetterie, dès qu'il y a vente de billets ou paiement en ligne, passent par un acteur agréé : Weezevent facture 2,5 % du billet vendu en ligne avec un minimum de 0,99 € TTC, et 1,20 € par transaction en cashless. La disponibilité réelle d'un domaine vit dans l'agenda du domaine, au mieux synchronisé chez vous. Et l'autorisation de la SACEM se demande à la SACEM, avant l'événement, y compris quand l'événement est gratuit. Votre outil prépare le dossier et rappelle l'échéance, il ne signe rien à votre place.
Le mot qui décide de qui rembourse quoi
L'article L214-1 du code de la consommation pose la règle par défaut : « Sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services conclu entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont des arrhes », et alors chacun peut se dédire, le client en les perdant, le professionnel en les restituant au double. Un versement n'est un acompte que si le contrat l'écrit. Deux autres règles pèsent sur l'outil. Les listes d'invités mêlent allergies et régimes, donc des données de santé : la CNIL demande un registre des traitements et une base légale pour chacun. Et si votre événement comporte un spectacle vivant, le récépissé d'entrepreneur de spectacles devient obligatoire à partir de sept représentations par an, en deçà rien n'est à déclarer pour une activité occasionnelle (service-public.gouv.fr). Ajoutez-y la facture : un PDF envoyé par courriel n'est pas une facture électronique, la réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 et l'émission arrive au 1er septembre 2027 pour les petites entreprises, votre outil se branchant sur une plateforme agréée plutôt que d'en devenir une. Faites vérifier vos modèles de contrat par votre conseil avant de les couler dans un logiciel.
Le document que vous refusez vaut plus que celui que vous validez
Le moment utile arrive quand vous dites non. Une équipe d'agents IA vous propose un cahier des charges en français avant la moindre ligne de code ; le premier jet écrit « acompte » partout, parce que c'est le mot que tout le monde emploie. Vous refusez, et vous renvoyez la règle exacte : par défaut ce sont des arrhes, seul le contrat en décide autre chose, donc l'écran de création d'une échéance doit forcer le choix et afficher la conséquence en clair. Le document repart corrigé, la règle tient noir sur blanc, et le code qui suivra ne pourra plus l'ignorer. C'est ce refus que la validation humaine sert à rendre possible. Le budget IA dépend de l'assistant choisi, de son offre et du travail demandé. Nos dépenses d'IA mesurées portent sur des essais précis et ne fixent pas le prix de cet outil. Comptez aussi votre temps de validation, l'hébergement éventuel, les services externes et la maintenance. Pour comparer cette voie à une prestation, repartez du périmètre et du budget d'un développement, sans supposer que les livraisons sont identiques. Maestro organise ce travail et se distribue sur invitation, sans facture, le temps de la beta.
Par où commencer
Ouvrez vos trois derniers contrats de prestataires et cherchez, versement par versement, si le mot arrhes ou le mot acompte est écrit. Comptez ensuite le temps qu'il vous faut pour retrouver le régime alimentaire d'un invité d'un mariage de l'an dernier. Ces deux vérifications tiennent en une demi-heure et décrivent l'outil qui vous manque. Gardez vos places de marché et votre billetterie où elles sont, et faites construire ce qui vit entre les deux. Les photographes ont fait le même partage entre les galeries qu'ils louent et les contrats qu'ils gardent.