Un poste de coiffure au calme, un cahier de fiches techniques couleur ouvert près du bac à shampoing

11 septembre 2026 · 6 min de lecture

Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro

Logiciel gestion salon de coiffure sans abonnement : le fichier client vous appartient

La plateforme de réservation vous apporte des clientes, et garde leur fiche. Ce qu'un salon peut tenir chez lui sans toucher à la caisse ni couper le flux : la technique, l'équipe, la relance, et l'historique qui ne se transfère pas.

Un logiciel de gestion de salon de coiffure sans abonnement se conçoit à côté de la plateforme, pas contre elle. L'UNEC recense 111 177 établissements de coiffure fin 2024, dont 69 556 salons, et la CNAIB compte 15 300 entreprises d'esthétique employant au moins un salarié en 2023. Shortcuts affiche 69, 109 et 129 € par mois selon la formule ; Planity et Wavy ne publient aucun prix (pages consultées le 2 septembre 2026).

69 à 129 € par moisles trois formules publiques de Shortcuts
prix non publicchez Planity comme chez Wavy, aucune grille affichée
prix par poste supplémentairenon trouvé chez les trois éditeurs

Ce que la plateforme fait, et que vous ne referez pas

Planity et Treatwell apportent des clientes que le salon n'aurait pas eues : la prise de rendez-vous en ligne, la visibilité sur mobile, le rappel automatisé. Quitter une place de marché coûte du chiffre d'affaires, bien au-delà de l'abonnement économisé, et un outil construit à votre main ne fabrique pas d'audience. Planity annonce par ailleurs sur sa page tarifs des formules sans engagement, « sans commission sur vos rendez-vous, ni frais d'installation ou de maintenance ». Le sujet est donc ce qui vous reste quand ce flux s'arrête.

Ce que les gérantes écrivent quand ça se passe mal

Sur Trustpilot, les avis de professionnels abonnés à Planity, consultés le 2 septembre 2026, se rejoignent sur la sortie. Thomas, le 30 juin 2026 : « je n'ai pas pu résilier ce contrat qui me prélève 88,80 euros par mois ». Raja Khoukh, le 10 août 2026, décrit une « Plateforme peu efficace, problèmes de facturation et complications pour récupérer les documents », avec des difficultés dès le premier mois. Un avis du 4 août 2026 s'ouvre sur « après 5 années de fidélité à Planity, je n'aurais jamais imaginé devoir écrire cet avis ». Sur Capterra, Stephane note 1 sur 5 le 21 juillet 2026 et pointe autre chose : « L'offre de Planity est assez difficile à trouver sur leurs site internet ».

Aucun des trois éditeurs ne publie ce que coûte un collaborateur ou un poste de caisse en plus. Shortcuts affiche ses trois paliers mais signale que certaines fonctions ont « un coût de mise en place, un coût sur l'abonnement ou bien un coût par transaction ou par envoi ». Planity renvoie vers un conseiller. Wavy n'a pas de page tarifs. Un salon qui recrute une deuxième coiffeuse ne peut donc pas chiffrer sa décision avant d'appeler, et la question du transfert de son historique se pose au pire moment, celui de la résiliation. Nous avons posé ailleurs la question générale : que devient votre outil si l'éditeur disparaît.

Deux briques que le sur mesure ne remplace pas

La caisse d'abord. Un salon qui encaisse des particuliers et relève de la TVA doit utiliser un système de caisse inaltérable, sécurisé, conservé et archivé, dont la conformité se prouve par certificat d'organisme accrédité ou, depuis 2026, par attestation individuelle de l'éditeur ; les micro-entrepreneurs et les professionnels en franchise en base en sont exemptés (impots.gouv.fr, consulté le 2 septembre 2026). Un outil maison n'encaisse pas. La place de marché ensuite, pour la raison dite plus haut. Reste au milieu tout le métier, et c'est ce que la plateforme traite comme un créneau interchangeable. Vérifiez votre propre situation de caisse avec votre conseil avant de décider quoi que ce soit.

Les cinq choses qu'un salon tient mieux chez lui

La fiche technique de la cliente : formules de couleur, temps de pose, marque et référence exactes, photos avant et après, consultables en deux secondes au bac. Le registre des allergies et des tests de mèche, avec la date du dernier test et l'alerte avant une coloration. Le planning d'équipe réel, temps de prestation par collaborateur, heures de formation des apprentis, taux de remplissage par poste, sans passer par la grille imposée. Le fichier client détenu par le salon, avec l'historique complet et la relance calée sur la bonne fréquence selon la prestation, exportable quand vous le voulez. Le suivi de la revente et du stock technique, consommation réelle par prestation et marge par référence, un poste qui pèse 7 % du chiffre d'affaires des salons du panel UNEC.

Du classeur du bac à l'outil

Prenez le classeur de fiches techniques posé près du bac, celui qui porte les formules, les temps de pose et les références exactes. Décrivez-le à l'agent Margaux champ par champ, y compris les abréviations que seule votre équipe comprend. Victor en tire un cahier des charges en français, vous le corrigez et vous dites « Ça me va » avant qu'une ligne de code n'existe ; Amélie construit, Félix vérifie sur des tests écrits avant le code. Le classeur devient une fiche qui s'ouvre en deux secondes et un historique qui vous appartient. Les documents et le code restent sur votre Mac, et ce que nous voyons de vos projets tient en une page. Comptez un abonnement d'assistant d'environ 20 € par mois plus quelques euros de jetons. La démarche vaut aussi pour un restaurant qui garde sa caisse certifiée.

Par où commencer

Demandez à votre plateforme l'export de votre fichier client, aujourd'hui, sans attendre d'avoir un litige. Regardez ce que vous récupérez : des noms et des rendez-vous, ou aussi les formules de couleur, les tests de mèche et les préférences. L'écart entre les deux est ce qu'un outil à vous doit contenir. Décrivez cet écart à une équipe d'agents et lisez le cahier des charges proposé : il se lit en un quart d'heure et ne vous engage à rien.

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