
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Mon développeur ne répond plus : la liste de ce qui doit être à votre nom
Mon développeur ne répond plus : la question arrive toujours au pire moment, et la mauvaise nouvelle se loge ailleurs que dans le code. Elle vient des comptes, des accès et du nom de domaine, restés chez quelqu'un d'autre. Voici la liste à vérifier avant d'en avoir besoin.
Mon développeur ne répond plus, que faire : commencez par la liste des accès, pas par le code. Un dirigeant raconte sur Reddit (r/startups, août 2026) avoir découvert pendant une reprise que des morceaux importants dormaient encore dans des comptes appartenant à l'ancien prestataire.
La liste, dans l'ordre où elle vous manquera
Le même récit énumère ce qui coince en pratique : le dépôt où vit le code, les comptes d'hébergement, les bases de données, le nom de domaine et sa configuration, les comptes des magasins d'applications, les comptes de services tiers facturés à la carte, les identifiants de production, les sauvegardes, et le savoir de mise en ligne, celui qui n'existe nulle part et qu'on ne récupère pas par courrier recommandé. Un projet peut être payé en entier, livré, facturé, et presque toute cette liste rester au nom de quelqu'un que vous ne joignez plus. L'ordre compte : le domaine et les identifiants de production bloquent tout de suite, le dépôt de code et les sauvegardes se paient plus tard, le jour où il faut corriger quelque chose.
Le nom sur le domaine
Un prestataire du bâtiment numérique le résume sur Reddit (r/smallbusiness, mai 2026) : beaucoup de freelances disparaissent une fois le projet terminé, et votre nom de domaine doit toujours être acheté à votre nom. C'est la ligne la moins chère de la liste et la plus douloureuse à perdre : sans le domaine, votre adresse email professionnelle, vos liens imprimés et votre référencement partent avec. Vérifiez ce soir qui figure comme titulaire chez le bureau d'enregistrement, et à quelle adresse partent les avis d'échéance. Un domaine qui expire pendant que son titulaire ne répond plus se rachète parfois à un revendeur, au prix qu'il décide.
Ce qui ne se rattrape pas après coup
Un prestataire raconte sur Reddit (r/conseiljuridique, juillet 2026) qu'une agence amie de son client s'est attribué dans son portfolio un site qu'il avait livré, en en faisant une copie exacte à partir du code et des fichiers transmis, logo et nom d'entreprise remplacés. Détenir les fichiers ne prouve pas grand-chose. La preuve tient dans des écrits : un contrat qui dit à qui appartient le code produit, une facture qui le mentionne, un historique de versions daté à votre nom. Ces trois pièces se demandent au début d'un projet, quand tout va bien, et ne s'obtiennent presque jamais après une brouille. Nous avons détaillé ailleurs ce qui décide de la propriété de votre application.
Reprendre la main sans tout refaire
Une fois les accès récupérés, la tentation est de tout reconstruire pour ne plus dépendre de personne. Le calcul tient mal. Faites d'abord écrire ce que votre application fait aujourd'hui, écran par écran, règle par règle : ce document manque presque toujours, et c'est lui qui rend un prestataire remplaçable. Une équipe d'agents dirigée par vous sait partir d'un logiciel existant, en produire ce cahier des charges, puis découper les évolutions en étapes que vous validez une à une. Le document et le code restent sur votre machine, ce qui vous rend la position que vous avez perdue.
Ce qu'il faut exiger au prochain contrat
Quatre lignes, à mettre dans le devis avant de signer. Tous les comptes sont créés à votre nom, avec votre email, et le prestataire y est invité. Le code est déposé chez vous, pas chez lui. Une note de mise en ligne écrite en français accompagne la livraison. Et la propriété du code produit vous revient, en toutes lettres. Un prestataire sérieux acceptera ces quatre lignes en dix minutes ; celui qui les discute vous aura appris quelque chose d'utile. Si vous démarrez sans prestataire, les quatre chemins possibles se distinguent surtout par ce qu'ils vous laissent entre les mains.
Ce soir, en vingt minutes
Ouvrez un document et faites deux colonnes : la ligne d'accès, et le nom de la personne à qui appartient le compte. Reprenez les lignes énumérées plus haut. Chaque case où vous ne pouvez pas écrire votre nom est une porte que vous ne contrôlez pas. Traitez la plus haute de la liste dès demain, en commençant par le domaine, et gardez la trace écrite de chaque transfert.