Un dossier de procédure ouvert sur un bureau de cabinet, des pièces numérotées étalées à côté d'une lampe allumée

5 septembre 2026 · 7 min de lecture

Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro

Logiciel avocat indépendant sur mesure : dossiers, échéances, honoraires sans option

Un avocat sur trois exerce seul et paie son logiciel par utilisateur, puis par module. Ce que les éditeurs du droit couvrent, ce qu'ils facturent en plus, et la couche que le RPVA et la CARPA laissent libre, avec les prix des quatre éditeurs relevés le 2 septembre 2026.

Un logiciel avocat indépendant sur mesure se discute au moment où les modules coûtent plus cher que le socle. Le ministère de la Justice recense 75 681 avocats au 1er janvier 2024, dont 36 % en exercice individuel selon le Conseil national des barreaux. Secib affiche 65 € HT par mois et par utilisateur, Jarvis Legal 38 € HT, avant options (pages tarifs consultées le 2 septembre 2026).

65 € HT par mois et par utilisateurle prix d'entrée de Secib, groupe Septeo
38 € HTl'entrée de Jarvis Legal, 149 € HT avec l'assistant intégré
10 € par utilisateur et par moisle module « matrices de documents » chez LegalProd

Ce que les éditeurs du droit font bien

Secib, Jarvis Legal, LegalProd et Kleos tiennent le dossier, les contacts, les tâches, la facturation au temps passé et la gestion documentaire, avec une assistance derrière et des mises à jour qui suivent les usages du barreau. Jarvis Legal met en avant des « données hébergées en souveraineté » sur sa page tarifs. Un cabinet qui ouvre demain sera opérationnel plus vite avec l'un d'eux qu'avec quoi que ce soit de construit à sa main. Le sur mesure ne bat jamais le premier jour d'un éditeur installé.

Le prix se lit au module, pas à la ligne d'entrée

LegalProd publie 49 € par mois et par utilisateur en formule Classique, 79 € en Pro, puis détache cinq modules facturés à part : 100 Go de stockage en plus à 3 €, vingt portails clients à 5 €, les timbres, les comptes bancaires illimités et les matrices de documents à 10 € par utilisateur et par mois chacun. Secib annonce 65 € HT en entrée et n'affiche ni Advanced ni Elite ; la signature électronique et la lettre recommandée électronique se facturent à l'usage. Kleos, chez Wolters Kluwer, ne publie pas de prix : sa page produit a refusé l'accès le 2 septembre 2026, et aucun montant ne sera donc cité ici. Sur les seuls prix d'entrée de Jarvis Legal et de Secib, un cabinet de trois personnes paie entre 114 et 195 € HT par mois, avant le premier module.

Sur Capterra France, la fiche Kleos porte 4,0 sur 5 pour trois avis, consultée le 2 septembre 2026. Secib n'a pas de fiche du tout. LEAP, mieux fourni avec 546 avis, laisse passer deux griefs datés : « The learning curve is real » le 24 mars 2026, et une intégration Word qui provoque « random errors or crashing » le 20 mars 2026. Le marché du logiciel d'avocat se compare mal parce que ses clients ne parlent pas en public et que ses éditeurs n'affichent pas tous leurs prix, ce qui laisse le confrère au téléphone comme seule source de comparaison.

Ce qu'un outil de cabinet ne remplacera pas

Trois briques restent fermées. La communication avec les juridictions passe par e-Barreau, que le Conseil national des barreaux décrit comme le service pour échanger « de façon 100 % dématérialisée et sécurisée » : le dépôt d'actes ne se réécrit pas. Le maniement des fonds clients passe par la CARPA, donc pas de compte client maison. Et la facture sortira par une plateforme agréée : la réception des factures électroniques s'impose à toutes les entreprises depuis le 1er septembre 2026, l'émission au 1er septembre 2027 pour les petites structures (guide France Num du 17 août 2026). S'ajoute le secret professionnel de l'article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971, qui pèse sur l'hébergement et sur tout accès d'un tiers au dossier. Vérifiez chacun de ces points avec votre conseil avant d'arrêter une architecture.

La couche que personne ne vous vend au juste prix

Reste tout ce que les éditeurs facturent en options et que rien n'encadre. Un échéancier de procédure qui calcule les délais à partir de la date de signification, avec les règles de vos contentieux à vous. Un bordereau de pièces qui se construit à partir des documents déposés, numérotés, exportés au format attendu. Un suivi des diligences qui mélange forfait, temps passé et honoraires de résultat dans le même dossier. Un portail où le client dépose ses pièces sans que vous payiez par portail ouvert. Un tableau de bord des encaissements rapproché de vos relevés CARPA. Cette couche vaut un dossier bien tenu, et vous la louez aujourd'hui par utilisateur.

La première question que pose l'agent Margaux

L'agent Margaux ouvre l'entretien par une question que peu d'éditeurs posent : « quand une date de signification tombe, qui la saisit, et dans quoi ? » La réponse mêle en général un agenda, un post-it et la mémoire d'une assistante. Victor en tire un cahier des charges en français que vous corrigez avant de dire « Ça me va », Amélie construit, Félix vérifie sur des tests écrits avant le code. Le cahier des charges et le code restent sur votre Mac, la sauvegarde en ligne est un choix, et ce que deviennent vos données se lit noir sur blanc. Comptez un abonnement d'assistant d'environ 20 € par mois, quelques euros de jetons, et vos heures de lecture. L'accès à Maestro se fait par invitation et ne se facture pas pendant la beta.

Par où commencer

Sortez votre dernière facture d'éditeur et entourez les lignes qui ne sont pas le socle : portails, matrices, timbres, signatures à l'unité. Additionnez sur douze mois, puis listez ce que vous tenez encore à la main ou dans un tableur à côté du logiciel. Si les deux listes se recoupent, décrivez ce périmètre à une équipe d'agents et lisez le cahier des charges proposé, comme d'autres professions réglementées l'ont fait. Le document se lit en un quart d'heure. Et pendant que vous y êtes, vérifiez ce qui est à votre nom dans votre installation actuelle.

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