Le bureau du secrétariat d'une mairie de village en fin de matinée, un registre à couverture verte ouvert, des chemises empilées et une tasse rouge brique près d'une lampe en laiton

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Logiciel sur mesure pour une petite commune : suivre les demandes des habitants

Quatre éditeurs se partagent le logiciel des mairies et aucun n'affiche son prix. Pendant ce temps, le suivi des demandes des habitants, la salle des fêtes et le cimetière tiennent dans un classeur. Ce que l'État impose, ce qu'il laisse libre, et comment une commune décide.

Un logiciel sur mesure pour une petite commune se compare à un marché qui n'affiche aucun prix : Berger-Levrault, JVS-Mairistem, Cosoluce et le syndicat mixte AGEDI renvoient tous vers un formulaire de contact, sans grille tarifaire, sites consultés le 2 septembre 2026. Les seuls prix publics du secteur sont ceux des applications d'information aux habitants.

0 éditeur sur 4publie un tarif de logiciel de gestion communale
125 à 5 000 € HT par anilliwap, selon la strate de population
24 844communes de moins de 1 000 habitants, calculées à partir des tableaux de la DGCL

Le marché le plus fermé du secteur public local

Les deux outils qui affichent leurs tarifs ne font pas de la gestion, ils font de l'information descendante. illiwap est offert sous 100 habitants, puis coûte 125,00 € HT par an sous 500 habitants, 295,00 € sous 2 000, 495,00 € sous 3 500, et jusqu'à 5 000,00 € sous 100 000 habitants. PanneauPocket est gratuit à vie sous 100 habitants, puis 180 € TTC par an sous 500 habitants, 195 € sous 1 000 et 245 € sous 2 000, avec un tarif réduit pour les adhérents de l'Association des maires ruraux de France. Les quatre éditeurs qui tiennent les finances, l'état civil, la paie et les élections, eux, ne publient rien. Une commune de 600 habitants ne peut donc pas savoir ce que coûte son voisinage avant d'appeler un commercial.

Combien de communes, et de quelle taille

La direction générale des collectivités locales compte 34 875 communes au 1er janvier 2026. En additionnant les strates de population de son tableau 2-3a, on obtient 24 844 communes de moins de 1 000 habitants, soit 71,2 % du total, et 31 621 sous 3 500 habitants, soit 90,7 %. Le calcul est de nous, les strates viennent du fichier officiel. Dans ces communes, le secrétariat est souvent à temps partiel, partagé entre plusieurs villages, et c'est là que le travail non couvert par les logiciels du marché s'accumule.

Ce que disent les habitants des applications déjà déployées

Les éditeurs de logiciels de mairie n'ont pas de corpus d'avis professionnels : ni Capterra ni Trustpilot ne référencent Berger-Levrault, JVS-Mairistem ou Cosoluce. Les seuls avis datés et vérifiables sont ceux des habitants sur les applications que leur commune a déployées, et il faut les lire comme tels : ce sont des usagers qui parlent, pas des agents. Un administré écrit le 7 août 2026 sur illiwap : « Juste une information descendante, exactement ce que la démocratie participative ne souhaite pas, un canal d'information certes dédié à la commune mais sans remontées du terrain, des citoyens. » Un autre, le 9 mars 2026 : « Pour la commune à laquelle on est abonné, aucune réaction aux signalements. » Le reproche porte moins sur l'outil que sur l'absence de circuit derrière : une demande qui entre ne trouve personne pour la porter.

Les cinq registres que le secrétariat tient encore sur papier

Ouvrez le classeur d'une mairie de village et vous trouverez cinq objets. Le registre des demandes d'habitants : qui a demandé quoi, quand, à qui la mairie l'a confié, quand la réponse est partie, avec une relance au bout d'un délai choisi. Le calendrier de la salle des fêtes et du matériel prêté, avec la caution, l'état des lieux en photos et la quittance. Le plan du cimetière, ses concessions, leurs échéances de renouvellement et les courriers aux familles. La préparation du conseil municipal : ordre du jour, pièces jointes, convocations, feuille de présence, relevé des délibérations à transmettre au contrôle de légalité. Et le suivi des travaux et de leurs subventions, phase par phase, avec le montant engagé, la dotation demandée et la date limite de justification. Aucun des quatre éditeurs ne sert ces cinq objets sans module supplémentaire, et les deux applications à prix public n'en couvrent aucun. C'est le même écart que le fichier tableur qui vit à côté du logiciel officiel.

Ce que l'État impose, et que rien ne réécrit

La chaîne comptable réglementée reste hors du sur-mesure, sans discussion possible. L'article 205 de la loi de finances pour 2024 rend le compte financier unique obligatoire au titre de l'exercice 2026, ce qui emporte l'obligation d'appliquer le référentiel M57 au plus tard au 1er janvier 2026, l'information écrite du comptable public suffisant désormais à la place d'une délibération (dépliant DGCL et DGFiP « Le point sur la M57 »). Les mandats et les titres partent au comptable public dans les formats de la chaîne Hélios, imposés. Les factures des fournisseurs de la commune arrivent par Chorus Pro, portail unique de l'État, dont la mairie est destinataire obligatoire. Les téléprocédures d'État, état civil, listes électorales, urbanisme dématérialisé, restent chez l'État. Un outil communal sur mesure vit à côté de tout cela, jamais à la place. Vérifiez le périmètre exact avec votre comptable public et votre conseil avant d'engager quoi que ce soit.

Qui décide dans une commune, et en combien de temps

Dans une commune, un projet d'outil bute sur la question de savoir qui tranche, bien avant de buter sur la technique. La secrétaire de mairie connaît le travail réel et n'a pas la signature. Le maire a la signature et voit le sujet entre deux dossiers. Le conseil municipal se réunit quelques fois par an et vote. Avec une équipe d'agents IA, cette contrainte devient un avantage : la première production n'est pas un écran mais un texte en français, lisible en un quart d'heure par un élu qui n'ouvrira jamais un logiciel. La secrétaire décrit son classeur, l'agent en tire un cahier des charges, le maire le lit avant un conseil, et ce sont les remarques du conseil qui redressent le document avant qu'une seule ligne de code n'existe. La construction, elle, avance ensuite par étapes vérifiables une par une, au rythme des réunions plutôt qu'au rythme d'un prestataire. Le budget IA dépend de l'assistant choisi, de son offre et du travail demandé. Nos dépenses d'IA mesurées portent sur des essais précis et ne fixent pas le prix de cet outil. Comptez aussi votre temps de validation, l'hébergement éventuel, les services externes et la maintenance. Les documents et le code restent sur la machine de la mairie.

Par où commencer

Prenez le cahier des doléances de la semaine, papier ou boîte de courriel, et comptez deux choses : combien de demandes d'habitants sont entrées, et combien ont une trace écrite de leur réponse. L'écart entre les deux nombres est le seul argument dont vous aurez besoin en conseil municipal. Ajoutez-y les trois derniers prêts de la salle des fêtes et regardez où vivent la caution et l'état des lieux. Une heure suffit. Les associations ont mené le même inventaire avant de faire construire, et ce que deviennent les données se règle avant, pas après.

Lire le guide complet : créer une application sans coder

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