
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Logiciel de transport TMS pour petite entreprise : construit à votre main
Un transporteur français racontait en mai 2026 s'être lancé dans la construction de son propre TMS : il connaît le terrain, le développement lui manque. Ce que les logiciels de tournées facturent, ce qu'ils laissent de côté, et ce qu'un outil à votre main peut reprendre sans franchir les lignes rouges.
Un logiciel de transport TMS pour petite entreprise se paie 34 à 74 € HT par véhicule et par mois chez AntsRoute, 35,10 $ par conducteur chez OptimoRoute, et à partir de 619 $ par mois chez Onfleet (grilles consultées le 2 septembre 2026). Dashdoc, TMS français, ne publie aucun prix. Au 1er janvier 2023, 56 000 entreprises exploitantes de VTC étaient inscrites au registre national (rapport 2024 de l'Observatoire national des transports publics particuliers de personnes).
Un transporteur qui construit son outil, et ce qu'il dit
En mai 2026, sur le forum r/developpeurs, un professionnel du transport écrit : « Je travaille dans le domaine du transport et, comme beaucoup en ce moment, je me suis lancé dans l'aventure du vibe coding pour créer mon propre logiciel TMS. Mon avantage, c'est la connaissance du terrain. Ma limite, c'est le développement. » Il vise un tarif de 30 à 50 € par mois pour ses confrères. Un exploitant ne part pas de rien : un logiciel de tournées en service, des relevés de plateforme empilés. Le premier travail consiste à décrire ces sources colonne par colonne à l'agent Margaux, en disant ce qu'on reprend de l'ancien outil et ce qu'on abandonne. Décrire ce qu'on veut et laisser l'IA écrire le code répond à la moitié du problème ; l'autre moitié tient dans un document qui fixe ce que l'outil doit faire avant le code.
Ce que les logiciels de tournées facturent, et selon quelle unité
AntsRoute vend à l'unité de véhicule : 34 € HT par mois en Lite, 54 € en Essential, 74 € en Pro, avec les preuves de passage et les notifications client réservées aux deux paliers supérieurs. OptimoRoute facture au conducteur planifié dans le mois, 35,10 $ en Lite et 44,10 $ en Pro, la preuve de livraison n'arrivant qu'en Pro. Onfleet change d'échelle et facture au volume de tâches, à partir de 619 $ par mois pour 2 500 livraisons, avec un module dédié aux coursiers à partir de 299 $ supplémentaires. Ces outils optimisent des tournées, et ils le font bien : un exploitant qui pose vingt arrêts par jour et par véhicule gagne du temps dès la première semaine. La note grossit avec la flotte, et c'est la tarification à l'unité qui pique au moment où l'entreprise recrute.
Ce que les chauffeurs disent du reste
Sur l'App Store français, les reproches portent sur ce qui se passe après la course. Un chauffeur écrit à propos de l'application Uber Driver : « depuis 2 jours je ne vois plus le partie de paiement en liquide sur mes revenus il n y a que la totalité de ce que j'ai fait en net du coup avec la société avec qui je bosse je n'ai pas du tout de visibilité au la partie en carte ou en cash » (sisa92paris, 4 étoiles, 25 août 2026). Sur Allocab Driver, un autre décrit un paiement en attente depuis le 16 décembre (yaz97420, 1 étoile, 20 décembre 2025). Sur Mapo Driver, un chauffeur livreur demande de pouvoir joindre plus de trois photos à une livraison (Bravo46513, 4 étoiles, 23 juin 2026). Et sur VTC Planner, un utilisateur juge le prix : « Excessivement cher, 500 € l'année 50 € par mois pour des bons de commande » (Lil Joy, 1 étoile, 22 juin 2026), quand un autre trouve le même outil précieux. Le désaccord porte sur le prix, pas sur la fonction.
Les cinq fonctions d'un TMS à votre main
La réconciliation des relevés de plateformes vient en premier : import des courses Uber, Bolt, Heetch, Stuart et des courses directes, remise à plat course par course du montant brut, de la commission, des pénalités, de la part espèces et de la part carte, avec le journal exportable pour le comptable. Ensuite le carnet de réservations préalables, portant les mentions exigées d'un justificatif de réservation. Puis le registre de la flotte et des conducteurs : immatriculation, assurance, contrôle technique, date d'expiration de chaque carte professionnelle, avec une alerte 60 jours avant l'échéance. Le coût réel au kilomètre par véhicule et la marge par course, par plateforme et par créneau, plutôt qu'une intuition. Et la preuve du travail fait : bon de livraison horodaté, photos en nombre libre, signature, motif de non-livraison.
Les lignes que le sur mesure ne franchit pas
Le registre des exploitants de VTC coûte 170 € et exige, depuis le 27 juin 2026, la déclaration nominative des conducteurs employés, du numéro de leur carte professionnelle et des plaques exploitées : ces données vivent chez l'État, pas dans votre fichier. La carte professionnelle se renouvelle tous les cinq ans et la vignette est fabriquée par le registre. La prise en charge d'un client sans réservation préalable est passible depuis la même date de trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, et l'arrêté du 6 août 2025 fixe le contenu du justificatif : votre outil produit cette preuve, il ne crée pas le droit. Pour le fret international de plus de 2,5 tonnes, le chronotachygraphe est obligatoire depuis le 1er juillet 2026 ; la course urbaine et la livraison nationale sous 3,5 tonnes restent hors de ce champ. Sur la géolocalisation des salariés, la CNIL borne l'usage : pas de collecte hors temps de travail, désactivation possible par le salarié, conservation limitée à deux mois par défaut. Enfin, un exploitant qui encaisse des particuliers garde une caisse certifiée : un outil que vous faites construire ne doit jamais enregistrer un règlement de client particulier. Faites valider votre cas par votre conseil.
Par où commencer
Prenez le dernier relevé de plateforme et votre relevé bancaire du même mois, et cherchez l'écart. Si vous mettez plus d'une heure à l'expliquer, c'est la première fonction à faire construire, avant l'optimisation de tournées que votre logiciel actuel fait déjà. Décrivez cet écart à une équipe d'agents IA, lisez le cahier des charges qu'elle propose, et comparez-le à ce que vous payez par véhicule aujourd'hui. Les exploitants qui font des tournées d'intervention plutôt que de livraison trouveront le même raisonnement appliqué à leur métier.