
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Pourquoi les prix des agences n'ont pas suivi la chute des coûts de l'IA
Ce qui coûtait 60 dollars le million de jetons fin 2021 en coûte aujourd'hui entre 0,06 et 0,40 dollar à performance équivalente, une réduction de 150 à 1 000 fois. Le tarif journalier moyen d'un développeur en France, lui, reste d'environ 629 euros. Cette marge, quelqu'un la garde.
Ce qui coûtait 60 dollars le million de jetons fin 2021 en coûte entre 0,06 et 0,40 dollar aujourd'hui, à performance équivalente (aisuperior.com/llm-token-cost). Le tarif journalier moyen d'un développeur indépendant en France reste pourtant d'environ 629 euros par jour (rh-solutions.com, guide TJM freelances IT 2026). Cette marge, quelqu'un la garde.
Des intrants divisés par 100, des devis au même prix
Un article CIO Online documente le paradoxe côté grands comptes : des gains de productivité jusqu'à 40 % chez les développeurs, une réduction de 30 à 40 % des délais sur les fonctionnalités standard, mais aucune baisse des factures (cio-online.com). Les raisons avancées : la valeur facturée n'est jamais dans le code brut, des coûts cachés d'IA existent, et surtout, la plupart des acheteurs ne posent pas la question.
Ce que l'agence achète vraiment avec votre argent
Un témoignage d'agence, consulté sur dev.to, résume la tension côté client : un client demande un site « avec de l'IA » et lâche « AI should make it possible for $10,000, right? » pour un projet qui en valait dix fois plus (dev.to/akari_iku). Un autre part chez un concurrent moins cher « avec de l'IA », revient déçu. Le sentiment que quelque chose a changé dans les coûts est juste ; la facture, elle, n'a pas suivi.
L'argument « l'IA fait des erreurs » : vrai, mais chiffrons-le
L'étude METR a mesuré des développeurs expérimentés 19 % plus lents avec l'IA, alors qu'ils se croyaient plus rapides (newsletter.getdx.com/p/metr-study-on-how-ai-affects-developer-productivity) : la supervision humaine coûte réellement du temps, et ce temps justifie une partie du prix qui ne baisse pas, un argument que nous prenons au sérieux plutôt que de le balayer d'un revers de main. Mais une partie seulement. Un ordre de grandeur cité pour la production IA elle-même : les jetons ne pèseraient que 10 à 20 % du coût total d'une facture d'IA, le reste étant infrastructure et supervision (bodic.fr, à recouper selon votre propre cas). Même en tenant compte de cette marge de sécurité, l'écart entre l'ampleur de la baisse des intrants et l'absence de baisse des devis reste massif.
Quand la baisse des coûts vous atteindra, et par où
Chez Maestro, la baisse se répercute directement : un produit complet consomme, comme nous le publions campagne après campagne, quelques dizaines d'euros de jetons d'intelligence artificielle, pas un devis d'agence à cinq chiffres. Ce n'est pas une promesse marketing, c'est la conséquence mécanique de facturer le coût réel de l'infrastructure plutôt qu'un tarif journalier hérité d'avant la baisse.
Payer le jugement, plus jamais la frappe
Ce que vaut une agence, ce n'est pas la frappe au clavier, c'est le jugement : quelle architecture choisir, quel compromis assumer, quoi refuser. Ce jugement-là garde sa valeur, IA ou pas, et personne ne devrait s'attendre à ce qu'il coûte moins cher demain qu'aujourd'hui. Ce qui devrait baisser, c'est le prix de la frappe elle-même, celle que les modèles font maintenant à un coût dérisoire par rapport à un salaire. Tant qu'un devis mélange les deux sans les distinguer, la baisse des intrants ne se voit nulle part sur la ligne finale. Pour aller plus loin sur ce que coûte réellement un projet mené par une équipe d'agents, le détail est public.