
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Logiciel de gestion pour fleuriste : commandes, deuil, mariages et tournées de livraison
La caisse d'un fleuriste coûte peu, parfois rien. Ce qui coûte, c'est la part de chaque bouquet transmis qui reste au réseau, et le carnet de commandes qui vit sur papier parce qu'aucun logiciel généraliste ne connaît la différence entre un deuil et un anniversaire.
Un logiciel de gestion pour fleuriste se trouve à prix nul : Hiboutik donne sa caisse, et facture 16,90 € par mois son option Premium (page consultée le 2 septembre 2026). Le poste lourd est ailleurs : VALHOR recense 7 692 points de vente en 2023, et 69 % des fleuristes travaillent avec une chaîne de transmission florale.
Le prix de la caisse, et le service qui va avec
Côté encaissement, le marché est confortable pour un fleuriste. Hiboutik reste gratuit sur ses fonctions essentielles et vend 12,90 € par mois et par boutique son option multi-boutiques. SumUp prélève 1,75 % par encaissement en présentiel sans abonnement, ramène les cartes domestiques à 0,89 % avec Paiements Plus à 19 € par mois, et vend sa Caisse Plus 49 € par mois hors TVA. Shopify démarre à 27 € par mois, avec 79 € de plus pour le module boutique physique et des frais de carte à partir de 1,5 % plus 0,25 € (grilles consultées le 2 septembre 2026). À ces niveaux, personne ne fait construire un logiciel pour économiser l'abonnement.
Ce que la transmission florale prend, et ce qu'elle donne
Florajet annonce des frais de transmission « à partir de 10,90 € » et met en avant « jusqu'à 78 %, le taux de commission le plus élevé du marché » : au mieux, le fleuriste exécutant garde 78 % du montant, et au moins 22 % restent au réseau. Le montant de l'abonnement et la durée d'engagement ne sont pas affichés : prix non public. Interflora, qui revendique plus de 4 500 fleuristes adhérents et 1,8 million d'ordres par an, ne publie ni droit d'entrée ni taux : prix non public là aussi (pages consultées le 2 septembre 2026). Ce que ces réseaux vendent est une audience nationale et un flux de commandes que la boutique n'a pas générées. Aucun logiciel sur mesure ne fabrique cette notoriété, et prétendre le contraire serait mentir. Un site à vous sert les gens qui cherchent déjà votre nom, quand le réseau vous amène ceux qui ne le connaissent pas.
Aucun espace d'avis publics de fleuristes sur leur réseau n'a pu être consulté, et les verbatims disponibles viennent de commerçants au sens large. Sur la fiche Trustpilot de Lightspeed, notée 3,9 sur 5 pour 2 507 avis, Julien Monteiro écrit le 8 août 2026 : « Notre abonnement est passé de 1 548 € à 2 244 € par an, soit environ 45 % d'augmentation ». Sur celle de SumUp, notée 4,2 sur 5 pour 55 625 avis, Mathieu C. écrit le 3 août 2026 « AUCUN service client, ils n'ont ni téléphone et ne communiquent plus par mail », et Delphine Leprat, le 1er septembre 2026, décrit un lecteur de carte en panne et un service dit prioritaire qui « ne veut rien savoir ».
Les cinq choses qu'un outil à vous couvre
Le carnet de commandes daté par occasion vient en tête : un deuil porte une heure de cérémonie et un lieu, un mariage une date de livraison et un contact sur place, un anniversaire un message de carte. Chacun déclenche un rappel deux jours avant pour l'approvisionnement. Vient la feuille de tournée du jour, sur téléphone ou imprimée, avec créneau, code d'entrée, personne à prévenir et photo de la remise. Puis le suivi de la casse sur les fleurs coupées : ce qui est entré, ce qui est parti, ce qui a fini au compost, pour arrêter d'acheter à l'aveugle chaque semaine. Les abonnements floraux d'entreprise ensuite, avec échéancier des passages et facturation récurrente. Enfin l'agenda des pics, Saint-Valentin, fête des mères, Toussaint, avec la commande fournisseur calculée sur les trois dernières années et le renfort d'équipe à prévoir.
Ce que la loi impose autour
Votre fichier de dates est le point sensible. Anniversaires, mariages, deuils : ce sont des données personnelles au sens du RGPD, avec information au moment de la collecte, consentement libre et univoque, cases pré-cochées interdites, demandes traitées sous trente jours, et des amendes qui montent jusqu'à 10 millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial. L'affichage des prix suit ses propres règles : euros TTC, lisibles avant l'achat, et depuis le 1er mars 2024 le montant de la réduction avec le prix de référence des trente jours précédents, sous peine de 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. La caisse, elle, reste hors de portée d'un outil maison : la doctrine fiscale exige, pour un logiciel développé par l'assujetti pour ses besoins propres, un certificat d'organisme accrédité, l'amende étant de 7 500 € par logiciel. Pour la part d'activité facturée aux entreprises, le calendrier de la facture électronique s'applique. Faites confirmer votre situation par votre conseil.
Le temps que ça vous prend
Comptez une à deux heures par jour les trois ou quatre premiers jours, le soir après la fermeture. Ce temps se passe à lire et à trancher. Le premier jour, vous racontez votre carnet et vos tournées, et vous relisez le brief que Margaux vous propose. Le deuxième, le cahier des charges arrive, en français, et vous corrigez ce qui ne ressemble pas à votre boutique : ce qu'on inscrit sur une commande de deuil, qui a le droit de modifier un bouquet déjà payé, ce que devient une livraison refusée. Le troisième, le découpage en étapes se valide et la construction commence, étape par étape, chacune vérifiée avant la suivante. Les jours suivants demandent des quarts d'heure, pas des heures. Le budget IA dépend de l'assistant choisi, de son offre et du travail demandé. Nos dépenses d'IA mesurées portent sur des essais précis et ne fixent pas le prix de cet outil. Comptez aussi votre temps de validation, l'hébergement éventuel, les services externes et la maintenance. Vos soirées de décision comptent aussi dans le résultat, comme dans n'importe quel projet dirigé.
Par où commencer
Reprenez les commandes du dernier pic, fête des mères ou Toussaint, et regardez ce qui a échappé à la caisse : les bons notés sur papier, les livraisons qui ont demandé un appel pour retrouver une adresse ou un code, les tiges jetées cette semaine-là. Cet inventaire décrit l'outil qui vous manque, sans un mot d'informatique. Gardez la caisse là où elle est, gardez votre réseau si ses commandes vous font vivre, et faites construire ce qu'aucun des deux ne fait.