
Par Thomas Cohen, fondateur de Maestro
Logiciel de gestion pour clinique vétérinaire : stocks de pharmacie, rappels, marges
Le vétérinaire est l'un des rares métiers de soin sans brique agréée imposée : ni carte Vitale, ni couloir Ségur. Restent trois passages officiels et un marché de logiciels qui facture par utilisateur et par volume de consultations. Ce que cela laisse à construire.
Vetup, seul éditeur vétérinaire français à publier un barème complet, facture 29 € HT par mois pour un vétérinaire et un ASV, plafonné à 100 consultations ou ventes mensuelles, plus 19 € HT par mois et par clinique d'hébergement obligatoire (grille consultée le 2 septembre 2026). L'Ordre national des vétérinaires recense 23 022 vétérinaires dans 8 348 établissements au 31 décembre 2025.
Un prix qui monte avec l'équipe et avec l'activité
La grille Vetup se lit comme une carte du métier : 65 € HT par mois pour la formule Premium avec consultations illimitées, 9 € HT par ASV supplémentaire, 39 € HT pour un poste administrateur, 9 € HT pour le module de télétransmission SIABV, 250 € HT d'activation pour un automate de laboratoire puis 19 € HT de maintenance mensuelle. Chaque personne que vous formez et chaque appareil que vous branchez ajoute une ligne. Les trois autres éditeurs rencontrés, Vetocom au-delà de son prix d'appel, Bourgelat et Digivet, ne publient rien du tout et renvoient à une démonstration commerciale. Le mécanisme est celui qui punit l'entreprise qui embauche, appliqué à une clinique de trois praticiens et cinq auxiliaires.
Des marges qui tombent à zéro après une mise à jour
Le marché français est peu couvert par les plateformes d'avis, donc deux des trois témoignages ci-dessous portent sur des produits étrangers et sont traduits de l'anglais. Sur l'application française VES, un avis d'une étoile du 27 janvier 2022 signale des « Bugs à chaque mise à jour de tarif : marges qui passent à zéro sur certains produits ». Sur ezyVet, Margaret V. écrit le 7 janvier 2026 que le logiciel est « très lourd et inefficace, pas intuitif » sans personnalisation lourde. Sur Cornerstone, Jeremiah E. décrit le 4 janvier 2025 un produit qui « ne communique pas avec nos automates de laboratoire » et lui fait perdre des heures à attendre le chargement. Une marge qui tombe à zéro après une mise à jour de tarif se voit à l'inventaire, six mois plus tard, quand le comptable pose la question.
Les trois passages qui restent officiels
Le vétérinaire échappe à SESAM-Vitale, à l'agrément CNDA et aux couloirs Ségur. Trois choses lui restent imposées. La remontée des données d'antimicrobiens vers CalypsoVet, plateforme de l'Ordre créée avec le ministère de l'agriculture, dépend de ce que le logiciel de gestion sait produire, et Vetup la facture en option. L'identification des carnivores domestiques et les changements de détenteur se déclarent dans le fichier national I-CAD, par ses interfaces, pas dans un outil maison. Et à partir du 1er septembre 2027, une clinique constituée en PME devra émettre ses factures aux professionnels via une plateforme agréée : le PDF envoyé par courriel ne vaut pas facture électronique au sens de l'article 289 bis du code général des impôts. Les factures aux particuliers restent hors de ce champ, celles aux éleveurs, aux assurances et aux groupements y entrent ; la position exacte de votre structure au regard de la TVA se vérifie avec votre conseil. Les automates et l'imagerie, enfin, parlent les protocoles de leurs fabricants.
Ce qu'un outil à vous peut prendre en charge
Le registre des ordonnances et de la pharmacie : entrées et sorties par lot et par date de péremption, ordonnance rattachée à l'animal et au détenteur, marquage des lignes contenant un antimicrobien pour préparer la remontée. Les rappels de vaccination et d'antiparasitaires : échéancier par animal, message envoyé au bon moment, liste des animaux sortis du suivi depuis plus de dix-huit mois, taux de retour mesuré par type de rappel. Le suivi d'hospitalisation : feuille de soins de la journée par cage, horaires d'administration, poids et constantes, transmission entre l'équipe du matin et celle du soir. Les stocks avec seuils et marges : alerte de réapprovisionnement par référence, prix d'achat et prix de vente par présentation, marge réelle par acte et par produit. Le tableau de bord enfin : chiffre d'affaires par vétérinaire et par espèce, panier moyen, part de l'activité rurale, encours par client, export prêt pour l'expert-comptable.
La journée, et le moment où l'outil entre en scène
Sept heures trente, l'ASV ouvre : l'outil affiche les animaux hospitalisés, les administrations dues avant midi et ce que l'équipe du soir a noté. Neuf heures, une consultation de vaccination : la ligne de vaccin sort du stock, l'outil pose l'échéance du rappel à un an, le détenteur recevra son message sans que personne y repense. Onze heures, une commande de pharmacie : les seuils atteints la veille sont déjà listés. Dix-huit heures, la garde prend le relais et lit la même feuille. C'est cette journée que vous racontez, heure par heure, à une équipe d'agents IA. Margaux la découpe en moments, Victor en tire un cahier des charges en français que vous corrigez, Marcel le coupe en étapes construites et vérifiées une à une. Vous validez chaque document avant la suite. Le budget IA dépend de l'assistant choisi, de son offre et du travail demandé. Nos dépenses d'IA mesurées portent sur des essais précis et ne fixent pas le prix de cet outil. Comptez aussi votre temps de validation, l'hébergement éventuel, les services externes et la maintenance.
Par où commencer
Prenez votre dernière facture d'éditeur et entourez ce qui dépend du nombre de personnes ou du nombre d'actes. Puis ouvrez le cahier de la réserve et comptez les ruptures du trimestre. Si la première colonne grossit chaque fois que vous recrutez, et si la seconde ne descend jamais, le calcul mérite d'être posé sur cinq ans, abonnement compris. Le document qu'une équipe d'agents vous renvoie tient en quelques pages et se corrige avant que rien ne soit construit, comme au fauteuil d'un cabinet dentaire.